
Bien le bonjour a vous tous !
Ca y est la fresque pour le Pere Nicolas est terminee. Nous avons fini la carte localisant les villages Karen montagnards que le pere va visiter quasiment tous les jours. La carte a un but pratique, car elle est grande et assez claire, et aussi un but decoratif. Nous avons utilise les memes couleurs et la meme peinture que pour la premiere fresque. La grosse galere aura ete de referencer tous les villages, et de decalquer les noms en Thai. Anne a trouve cela amusant de se familiariser avec ces caracteres nouveaux. Moi, j'ai trouve ca un peu prise de tete, d'autant plus qu'une fois reportees sur le mur, il a fallu peindre ces ecritures...
Travail different de la derniere fois mais tout aussi interessant. Nous sommes surs que la carte va servir. J'ai
fait un cadre en faux bois et des motifs Karen a l'interieur en trompe l'oeil. Anne va finir par croire que j'ai un pinceau a la place du cerveau. Pas evident pour elle de s'integrer sur ce
projet, different de la derniere fois. Elle s'est donc davantage investie que moi dans la partie recherche et accumulation d'informations en tous genres. Quelques mesententes sont apparues quand
j'ai commence a peindre la vegetation. J'ai commence a peindre bananiers et autres feuillages du coin. C'est alors que Anne intervient en me disant " tu mets du bamboula dans le coin de la
fresque". Je lui retorque qu'il ne faut pas etre raciste, et qu'en plus les bamboulas vivent en Afrique et pas en Asie. Je lui dis egalement que ce n'est pas parce qu'elle est blonde aux yeux
bleus qu'il faut se croire superieure.
Elle se reprend aussitot en me disant "tu peins du
bambou, la dans le coin". Les choses rentrent donc dans l'ordre. Parfois il m'arrive de confondre ses cheveux, et donc sa personne avec les balais locaux - cf photo - et de la reprimander pour
une raison ou une autre.
Notre sejour aura ete marque par la gentillesse et la sympathie de nos deux amis francais, le pere Nicolas, et Raphael, un volontaire de 26 ans venu ici pour un an. Ils nous ont fait un accueil
tres agreable et complementaire, ayant l'un et l'autre des caracteres differents, mais conciliables. Raphael nous a impressionnes par son caractere tres ouvert sur les autres. Moi il m'a
impressione aussi au foot (bien que je pense avoir le dessus au basket), avec son succes aupres de la gent feminine, et pour sa descente d'alcool de riz. On sent un entrainement et une certaine
assiduite dans la derniere discipline... Le Pere Nicolas nous a impressiones de par son energie, son dynamisme, ses idees et sa disponibilite. Il a pris ses fonctions depuis un an seulement - et
a vie, repetons-le - et il parle deja couramment Thai, et a de nombreux projets pour les villages Karen.
Enfin, les catechistes Karen,
assistants et traducteurs du pere Nicolas dans la montagne nous ont impressiones par leur gentillesse et leur accueil. Anne est prete a parler des Karen a n'importe quel moment de la journee.
Elle pose en moyenne une bonne trentaine de questions differentes tous les jours, et n'hesite pas a en poser meme au petit dejeuner au Pere Nicolas, lorsque je suis a peine reveille. Elle est
tellement a fond que j'ai decide de l'appeler Karen Cheryl.
Le sejour aura ete marque egalement par la messe a 7h du matin quand le Pere Nicolas n'est pas dans la montagne, par les parties de basket ou foot a partir de 17h, par les chants des eleves qui gratouillent la guitare toute la journee, par le petit dejeuner fait de riz, viande et legumes, par les soeurs de l'institution avec lesquelles nous aurons partage deux barbecues. Enfin, le sejour a ete marque par le Careme - et par le Karen, excusez ce petit jeu de mot - meme si nous avons mange plus que de raison.
Dernier soiree, le pere Nicolas organise une fete> Sont au rendez-vous les soeurs, les catechistes, et la
quarantaine d'eleves qui sont restes a l'ecole pour le moment - car l'annee scolaire vient de se terminer ici. On a donc droit comme a Mae Sot a une jolie chanson de tout le monde qui ne manque
pas de nous emouvoir. Le Pere Nicolas leur explique ce que nous avons realise et tout le monde s'empresse d'entrer pour aller voir la carte. On nous offre deux superbes sacs Karen pour nous
remercier de notre action, et les soeurs nous offrent egalement quelques friandises, et comme a Mae Sot, nous sommes genes par tout cela, car nous sommes venus pour apporter, pas pour recevoir...
Le coca-cola coule donc a flot pour feter tout cela, et une jeune fille nous subtilise notre appareil photo pour mitrailler de photos ses copines. Tout le monde veut poser avec nous. Une bien
bonne soiree.
Derniers moments a Mae Ramat. On emprunte une moto - ca ressemble plus a un scooter - pour aller refaire nos visas
a la frontiere birmane. 40 bornes aller, 40 bornes retour, a deux sur la meme becane. Au volant de cet engin, je me pose la question de savoir pourquoi nous avons choisi le velo, et pas la moto
pour voyager. Je m'imagine cheveux longs, la barbe naissante, au volant d'une Harley Davidson petaradante, comme dans la serie televisee "le rebel" avec Lorenzo Lamas. Je reprends vite mes
esprits car le casque moto de Anne ne fait que de cogner contre le mien. Elle se gratte toutes les deux minutes et le casque descend sur ses lunettes, lui fait mal, et en plus il fait chaud. Bon
ben finalement, ca va pas le faire le trip moto !
Nous partageons a notre retour un dernier repas avec toute l'equipe et nous faisons nos tristes adieux a la fine equipe. Notre envolee sauvage reprend donc de plus belle sur le coup des 13h et d'une chaleur de plomb. Anne est contente de reprendre la route. Mais elle a mal a la tete a cause de la chaleur, elle a tres soif cet apres-midi, elle deraille de par deux fois et me reclame le chiffon pour se nettoyer les mains, elle veut tantot ses lunettes de soleil, tantot s'arreter, bref tout va bien mais y a rien qui va ! Comme dirait le generique d'Arnold et Willy, "il faut de tout pour faire un monde", meme d'une cherie desabusee a ses heures.
Je lui fais part au cours d'un petit stop d'une de mes interrogations. En Karen, bonjour se dit "omeutcheupeu". Je lui explique ma theorie en lui disant que dans le Nord, a une soiree ou chez les amis, lorsque l'on me sert un verre de biere, je dis souvent " oh mi un tchiot peu". Et cela ressemble etrangement au bonjour Karen. Les chtis auraient-ils de lointaines racines communes avec les Karen ? Je crois qu'on a pas fini d'en entendre parler de cette theorie. Anne m'ecoute et me regarde bouche bee. Est-elle surprise par mon genie, ou bien se demande-t-elle si tout ceci n'est pas un reve ?
Aujourd'hui donc, reprise du velo et etape de 50 km bien vallonnee, mais paysages superbes au programme comme on en a rarement vu jusque maintenant. On continue donc a longer la frontiere birmane, pour finalement s'arreter a Mae Tan. Les 15 jours qui viennent, promettent d'etre durs car d'apres nous n'avons que 15 jours de visa pour quitter la Thailande. 950 bornes au programme avec de la montagne... Je regrette un peu de n'avoir pas choisi un pignon plus adapte pour ces routes de montagne parce qu'avec le poids, c'est dur !
En vous remerciant,
Bonsoir !
Bises a tous
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